Chaque matin, Rabastens recevait d'Angèle ou d'Henriette des lettres détaillées, d'alliciantes descriptions de paysages, des conseils sur les robes à emporter; et elle lisait à Mareuil toute cette correspondance enthousiaste.

—Ce qu'on s'amusera, mon chéri!... On canotera!... On visitera les châteaux!... On se balladera en forêt!

Puis elle dansait debout, au milieu du lit, des danses victorieuses, ou bien elle saisissait, des deux mains, la tête de Gilbert et la frottait de baisers fous.

Finalement, le jour du départ fut fixé au 3 août,—et, lors du rendez-vous suivant, Mareuil annonça à Mme Lozières son intention de s'absenter de Paris pendant une quinzaine.

Elle questionna d'un ton soucieux:

—Le 3?... C'est mercredi?... Vous ne pourriez pas remettre cela au 6 ou au 7, par exemple?...

Mareuil répondit:

—Je pourrais?... Je pourrais?... Evidemment que je pourrais! Seulement, on compte sur moi!... J'ai écrit ... Pourquoi remettre?... Plus tôt je partirai, plus tôt je serai de retour ... Et après, je rentre à Paris, je ne bouge plus! Voyons, ma petite amie, quinze jours, ce n'est pas très long!...

Mme Lozières répliqua:

—Bien! bien!... Comme vous voudrez. Mais si vous aviez pu, cela me permettait de vous revoir avant votre départ ... Tandis qu'autrement, nous sommes aujourd'hui ... le 28, n'est-ce pas?