Mareuil vivement se rassura: «Cela ne signifie rien! Continuons!»—Et avec une intonation désespérée:

—Impossible?

—Oui, impossible ... Le motif? C'est que je ne veux être la maîtresse ni de vous ni de personne ...

Mareuil eut envie de prendre son chapeau, de s'en aller; mais se contenant, il proféra d'un air indigné:

—Maîtresse!... Maîtresse!... Ma maîtresse!... Il s'agit bien de ça ... Maîtresse!... C'est-à-dire que vous ne me croyez pas, que vous me considérez comme un chercheur de femmes, un chasseur d'occasions, un monsieur qui serait bien aise de vous avoir comme une autre, tout bonnement parce que vous êtes jolie et gracieuse ... N'est-ce pas, c'est bien cela que vous pensez, malgré mes confidences de l'autre jour, malgré tout ce que je vous ai révélé de moi-même dans cette conversation affectueuse?... Comme c'est mal!

Elle balbutia très gênée:

—Vous vous trompez ... J'ai au contraire pour vous, depuis notre causerie, une profonde sympathie ... Vous m'avez dit ce jour-là des choses qui m'ont beaucoup plu ... Pourtant, ce que vous me proposez est, je vous le répète, impossible ...

Il y eut un temps. Mareuil songeait: «Aurait-elle un amant?» Puis apercevant sa mine contrite: «Mais non, elle a l'air sérieusement ennuyée ... Et puis quand même, qu'est-ce que cela ferait?... Ah! c'est dur! c'est dur!»

Il réunit toute son audace, et de sa voix la plus câline, la plus douce: