Et, sans omettre un mot, il conta en détail toute la scène du jardin.

Ribermont écoutait, partagé entre deux mauvais sentiments. Cette déconvenue de son ami, après une série de veine aussi prolongée, lui paraissait assez plaisante. Mais il en considérait avec moins de faveur les conséquences personnelles. En somme, jusque-là il avait largement bénéficié de ce qui advenait de bon à Gégé. Il était de toutes ses parties, de toutes ses promenades, de tous ses plaisirs. Sans parler des menus services pécuniaires, qui chaque mois montaient bien à une quarantaine de francs, Roger ayant pris l'habitude de se laisser taper en douceur. Ribermont se sentait donc directement menacé dans la débâcle de son camarade.

—Et alors?—fit-il, quand Gégé se fut tu.

—Alors, moi, je ne sais pas comment faire... Franchement, à ma place, qu'est-ce que tu ferais?

Ribermont, qui ne se distinguait pas par la suite dans les idées, répondit à côté:

—Et toi qui me disais que ce divorce était un grand malheur!

Roger ne put dissimuler un geste d'impatience:

—Je ne te demande pas ce que je t'ai dit. Je te demande ce qu'il faut faire!...

—Attends alors que je réfléchisse!—fit Ribermont avec aigreur.