—C'était à prévoir!... Papa sera désolé!
—Ce qui ne l'empêchera pas d'avoir passé aujourd'hui une soirée excellente!—remarqua Jacques sans acrimonie.
—Qu'en sais-tu?
—Effectivement, je n'en sais rien... Mais je connais ton père... Il n'est pas dans ses us de dîner tout seul... Alors je suis en droit de supposer que ce soir il ne s'ennuiera pas.
—Papa fait ce que bon lui semble et il n'a pas de comptes à te rendre.
—Est-ce que je lui en demande?
—Non, mais tu te permets à son sujet des insinuations du plus mauvais goût, surtout en présence de cet enfant. Tu ferais bien mieux de t'excuser de ton égoïsme et de ta négligence sans nom.
—Dis-moi, en as-tu encore pour longtemps comme cela?—questionna Jacques, chez qui la colère effaçait peu à peu l'image apaisante de Nelly Jelly.
—Pour aussi longtemps que je voudrai. Si cela te déplaît, je regrette. Tu n'avais qu'à ne pas commettre cette goujaterie.
Le terme était excessif, impropre, mais la soulageait. Elle se tut. Jacques tirait sur sa fine moustache dorée, qu'on eût dite tracée à la plume, puis il laissa simplement tomber ces mots: