Inquiet, car l'heure était avancée, il frappa et entra presque simultanément.

A demi étendue sur les draps défaits de son lit, Thérèse, tout habillée, sanglotait, la tête contre l'oreiller.

M. Raindal se précipita pour la relever. Mais d'elle-même elle s'était redressée et vivement elle essuyait ses yeux. Il demanda, sans cesser de la tenir dans ses bras:

—Qu'est-ce que tu as, fillette?... Tu pleures?... Tu as du chagrin?...

Elle se dégagea d'un brusque mouvement d'épaules:

—Non, père! Merci... Ce n'est rien... Laisse-moi... je t'en prie...

—Alors, tu n'as pas besoin de moi? murmurait M. Raindal interloqué.

—Non, non, je t'assure... Va-t'en... Je te dis que ce n'est rien... Ce sont les nerfs!...

Il n'osa insister, par peur de l'exaspérer, et il se retira en refermant la porte avec un soin méticuleux, comme s'il eût quitté la chambre d'un malade.

Les nerfs!... Hum!... Excuse de femme, voile de maladie dont toutes elles recouvrent le secret de leurs colères. Qu'est-ce que Thérèse pouvait avoir? Qui lui causait une peine aussi violente? Un remords insinuait: «Si c'était toi, pourtant, tes sorties du jeudi, ton obstination!» Et M. Raindal se promit d'en savoir le fin mot, d'interroger Thérèse dès le lendemain matin.