Puis il reprit:

—Eh bien! non, je te laisse... Il faut que je monte chez ton oncle Cyprien chercher des nouvelles de son rhumatisme et m'informer s'il dînera tantôt...

Ils parvenaient devant l'église Saint-Germain-des-Prés. Ils s'arrêtèrent au milieu de la foule mélancolique qui piétinait auprès du bureau des tramways,—et, se serrant la main vigoureusement, comme deux camarades:

—Au revoir, ma fille... A tout à l'heure!

—Au revoir, père!

Thérèse traversait. M. Raindal assujettit sous son bras sa serviette de cuir qui glissait et, d'un pas flâneur, comme alourdi par les pensées, il s'engagea lentement dans la rue Bonaparte.

II

M. Cyprien Raindal habitait dans une vieille maison formant le coin de la rue Vavin et de la rue d'Assas. Il y occupait, au sixième étage, un petit logement dont les deux pièces spacieuses dominaient, à perte de vue, les charmilles du Luxembourg.

C'était un homme d'environ cinquante-cinq ans, trapu, sanguin, la moustache grisonnante et la tête rasée de près, comme un soldat d'Afrique.