—Un jour?... Quel jour? s'écria Zozé avec une mine hautaine... Tu supposes donc que je te reverrai?... Tu ne sens donc pas que c'est fini?

Il l'attirait contre sa poitrine:

—Alors tu ne m'aimes plus?...

Zozé haletante ne répliquait pas. Des larmes jaillirent sur ses joues que crispait un spasme de souffrance.

—Mais si, tu m'aimes, puisque tu pleures! reprit Gérald en la câlinant.

Et, avec assurance:

—Écoute, ma petite Zozé... Evidemment, de nous revoir maintenant, tout de suite, demain ou après-demain, cela ne pourrait qu'amener des scènes, des chagrins, des entrevues pénibles... Tu as besoin de repos, de réflexion... Il te faut du temps, pour me pardonner... Oh! je ne suis pas une brute, va... Je devine bien ce que tu ressens... Et voici ce que je te propose... Je devais partir la semaine prochaine pour le Poitou, chez ma tante de Cambres... Eh bien, j'avancerai mon départ.. Je partirai ce soir même... Je resterai à Cambres jusqu'à la fin du mois, en t'écrivant autant que tu voudras... Et lorsque je reviendrai, tout sera oublié, je t'en donne ma parole... Dis-moi, cela te va-t-il?...

Mme Chambannes laissait sa tête rouler rêveusement au gré des cahots sur l'épaule de Gérald. Le jeune homme répéta:

—Réponds, ma petite Zozé... Cela te convient-il?

—Oui, oui! fit Mme Chambannes d'un air méditatif... Mais, moi aussi, j'ai une idée...