—De quoi?...
—De cette histoire de mines, parbleu!...
Les petits yeux de Schleifmann scintillèrent d'un éclat farouche, et il passait la main dans sa tignasse crépue.
—J'en dis que c'est encore une sale affaire où les juifs de Bourse vont encore gagner beaucoup d'argent pour eux et créer beaucoup de haine contre ceux de leur race... Voilà ce que j'en dis, de vos mines!...
M. Raindal cadet réprimait un geste d'impatience:
—Sapristi, Schleifmann, tâchez donc de me comprendre... Je ne vous parle pas des juifs, je vous parle de moi... Oui ou non, estimez-vous que je doive me risquer?
Le visage du Galicien avait pris une expression de pitié:
—Vous, mon cher Raindal?... Vous n'y songez pas!... Vous, un goy, et qui plus est un honnête garçon, vous voudriez vous mêler de tripoter avec ces gros loups... Mais ils vous dévoreront, mon ami, ils vous croqueront comme une côtelette!...
—Bref! fit l'oncle Cyprien piqué, vous êtes opposé à ce projet!...
Schleifmann eut un haussement d'épaules goguenard: