—Qu'allons-nous devenir? reprit Mme Raindal d'un ton pleurard. Si nous fermons les yeux, cette vilaine femme nous l'enlèvera. Si nous le contrarions, il nous quittera. Et nous sommes seules, complètement seules, sans qui que ce soit pour nous conseiller, pour nous défendre...

—Peut-être pas! riposta la jeune fille en se redressant.

—Tu songes à quelqu'un?...

—Oui, à l'oncle Cyprien... Je ne vois guère que lui qui fasse peur à papa... Je vais y courir tout de suite... Je le monterai, je le chaufferai à blanc... Et ce sera bien le diable si avec une pareille machine de siège nous ne triomphons pas des résistances de père!...

Mme Raindal, à cette comparaison, malgré ses larmes, avait souri:

—Si tu espères réussir, vas-y vite, mon enfant! Hélas! il n'y a plus de temps à gaspiller!..

Thérèse se penchait sur elle pour l'embrasser:

—Ne pleurons pas, vieille maman!... Courage!... J'ai idée que tout n'est pas perdu!...

—Que Dieu t'entende, ma fille! murmura Mme Raindal, qui roulait au plafond des regards implorateurs.