—Non, je ne sors plus...
—Madame déjeunera ici? Dois-je appeler la cuisinière?...
—Oui... non..., balbutia Zozé. Dites-lui de me faire à déjeuner... ce qu'elle voudra...
—Bien, madame!
Elle rentrait, portant sur le bras un long peignoir soyeux, enrubanné de satin rose. Mme Chambannes l'endossa, et, tout en nouant les rubans, sèchement, elle commanda:
—Maintenant, allez-vous-en!...
Anna disparut. Mme Chambannes s'affala dans un fauteuil de cretonne.
Ainsi, ils ne déjeuneraient pas ensemble, c'était sûr, définitif, irrévocable. Gérald n'avait pas hésité entre elle et cette Mathay! Il prévoyait bien pourtant quelle poignante déception il lui causerait en rompant, au dernier moment, sa promesse.
Le misérable! Elle se l'imaginait d'avance chez les Mathay, à table, assis à côté de la comtesse, une petite blonde au nez retroussé, à la figure puérile, impudique et gouailleuse. Il faisait l'aimable, le joli parleur, appuyant ses regards à ceux de la dame, se livrant de ses grands yeux en gentils abandons. Et le déjeuner finissait. On se rendait dans le hall. On buvait le café. Qui sait? Mathay sortait peut-être, les laissait seuls en vrai nigaud de mari qu'il était. Alors que se passerait-il? Car on la connaissait la jeune gaillarde de comtesse. Elle ne passait pas pour une citadelle, pour le Capitole!... Oh! l'infamie et l'abjection!