Il était résigné à s'en aller rue des Tournelles chez sa mère qui l'attendait pour dîner. Il y a, tout près de cette sortie du Luxembourg, une station de fiacres et il comptait en prendre un.
Le concert tirait à sa fin; les amateurs de musique en plein vent commençaient à se disperser et le gros de la foule s'écoulait du côté de la rue de Vaugirard.
Paul suivit le torrent.
Après avoir passé devant la fontaine de Médicis, il franchit la grille et avant de remonter à droite, du côté où stationnent les voitures de place, il s'arrêta un instant sur le trottoir pour allumer un cigare.
Quand ce fut fait, en regardant machinalement devant lui, il avisa, au coin de la rue Corneille, un coupé de maître, attelé de deux beaux chevaux bais-bruns.
Un cocher majestueux, haut perché sur son siège avait les guides en main et le fouet appuyé sur la cuisse droite. Un valet de pied en livrée sombre se tenait debout près de la portière.
Paul, qui avait la prétention d'être connaisseur en équipages, se mit à admirer celui-là.
Les glaces étaient levées, quoiqu'il fît très chaud, mais il crut voir à travers la vitre un visage féminin qui disparut aussitôt.
C'en était assez pour exciter la curiosité d'un flâneur, mais Paul se dit qu'il ferait une sottise en allant regarder de plus près une princesse si bien gardée et passa, non sans se retourner trois fois.
A la troisième, il constata que le coupé n'était plus là.