C'était bien assez d'avoir causé avec lui dans un coin écarté.

—Bon! je comprends, dit cyniquement Brunachon. Il y a moyen de s'arranger. Je vais monter dans le premier sapin découvert qui va passer, vous monterez dans un autre. Vous direz à votre cocher de suivre le mien et d'arrêter quand il arrêtera. Chacun descendra de son côté et là où vous me verrez entrer, vous entrerez derrière moi, sans avoir l'air de me connaître.

Vous pourrez même, si vous le préférez, m'attendre à la porte.

—C'est bien compliqué ce que vous me proposez là, dit le vicomte, qui avait bonne envie d'envoyer au diable ce chercheur de pistes.

—Mais, non… c'est tout simple, au contraire, répondit Brunachon, et Monsieur le vicomte ne risquera pas de se compromettre, puisque je ne lui parlerai pas… c'est-à-dire… je lui parlerai… après… et dans un endroit où personne ne nous remarquera…

—Comment, après?… après quoi?

—Après que j'aurai su ce que je vais savoir… et ce ne sera pas long… une demi-heure de trajet en voiture… et même moins, si nous tombons sur de bons cochers… cinq minutes de… de vérification… et je serai fixé. Je rejoindrai alors monsieur le vicomte et je lui ferai mon rapport.

—Dans la rue?

—Dans un square où on ne rencontre que des troupiers et des bonnes d'enfants.

—Que de mystères! vous pouvez bien me dire où vous voulez me conduire.