—Taisez-vous donc, vous autres!… vous ne dites que des bêtises, interrompit Mirande. Laissez-moi parler à ce jeune homme.
Et s'accroupissant jusqu'à ce que sa figure se trouvât à la hauteur de celle de l'enfant:
—Mon petit ami, lui dit-il doucement, ces dames, qui sont de mes amies désireraient vous connaître. Voulez-vous nous dire votre nom?
—À elles, pas… à vous, oui, répliqua ce singulier gamin. Je m'appelle
Roch.
—Je vous remercie, mon ami! Roch, c'est votre petit nom. Comment se nomme votre papa?
—Je n'ai pas de papa.
—Mais vous avez une maman?
—J'en ai deux.
A cette réponse, les étudiantes pouffèrent et Mirande eut beaucoup de peine à tenir son sérieux. Il y parvint pourtant, et comme il ne se souciait pas de continuer dans la rue cet interrogatoire qui aurait fini par attirer l'attention des badauds, il reprit en changeant de sujet:
—Voulez-vous venir dîner avec moi, mon cher Roch?