—Et combien de pères? demanda ironiquement Cormier.
—Pas même un, je crois.
—Très bien. Voilà ton affaire. Tu lui en serviras… si les deux mères veulent bien y consentir. Tu aurais bien dû commencer par le leur demander.
—C'est ce que j'aurais fait, si j'avais su où les trouver… c'est-à-dire où trouver la vraie; car je suppose que la mère numéro deux est une tante ou une sœur aînée… Mais il n'a pas su me donner l'adresse; il sait bien où c'est, et il reconnaîtra la maison… mais il paraît qu'elle est très loin d'ici, cette maison… et le soir, il n'aurait pas pu trouver son chemin.
—Bon! je reviens à l'idée que j'ai eue tantôt. Ses excellents parents ont voulu se débarrasser de lui; et puisque tu as été assez sot pour le recueillir, ils vont te le laisser sur les bras.
—Eh bien! il me restera. C'est ce que je demande.
—Ah ça! d'où t'est venue cette subite démangeaison de paternité?
—Que veux-tu que je réponde? Je n'en sais rien. Ça m'a pris tout d'un coup et ça me tient ferme.
—La voix du sang, peut-être! ricana Paul Cormier.
—Ça expliquerait tout et j'y ai bien pensé, répondit très sérieusement Mirande; mais j'ai eu beau interroger ma mémoire, je n'y ai rien trouvé qui puisse me permettre de supposer que j'aie jamais été père.