L'homme le reconnut aussi et fit un bond de côté, en tournant le dos et en s'éloignant à grands pas.

C'était le personnage qui avait eu maille à partir, au Luxembourg, avec Mirande, et le lendemain, avenue Montaigne, avec Paul quand il s'était présenté pour voir la marquise.

C'était le garde-du-corps de madame de Ganges, ancien ami de son père, disait-elle, et ancien militaire.

Il s'appelait M. Coussergues, et certes, il n'était pas de la police, quoiqu'il fût évidemment là en surveillance comme un simple agent.

Il y avait sans nul doute été envoyé par la marquise, et ce n'était pas à Paul Cormier qu'il en avait, car il n'abandonna pas sa faction pour le suivre, et Paul ne s'avisa pas de l'interpeller, car il devina sans peine ce qu'il faisait là.

Il gardait l'enfant.

Il avait dû le suivre de loin, depuis que Mirande l'avait emmené du Luxembourg; il avait pour mission de rester devant la maison où l'enfant allait passer la nuit; d'y rester jusqu'à ce qu'il en sortît et de ne pas le perdre de vue jusqu'à ce qu'il rencontrât sa mère.

La lumière se faisait enfin.

La mère, c'était bien madame de Ganges. Elle avait laissé l'enfant au Luxembourg pour que Mirande l'y trouvât, et elle avait fait la leçon au petit pour qu'il se laissât conduire par Mirande qu'elle avait dû lui désigner de loin, sans se montrer elle-même.

Tout cela était le résultat d'un plan combiné d'avance, et la journée du lendemain dénouerait la situation, car Mirande, renseigné par l'intelligent gamin, ne manquerait pas de le ramener à l'endroit où il l'avait trouvé.