Lui, marchait la tête haute et la moustache au vent, remorquant son camarade qui s'arrêtait souvent pour regarder les femmes et qui ne passait point inaperçu, quoiqu'il n'eût ni l'imposante prestance ni les airs vainqueurs du beau Mirande, Roi des Écoles et bourreau des crânes.

En arrivant sur la terrasse, Paul Cormier avait avisé, assise contre le piédestal d'une statue, une personne charmante.

Elle était sans cavalier, mais sans doute elle ne comptait pas rester seule jusqu'à la fin du concert, car elle gardait deux chaises, près de celle qu'elle occupait.

Paul qui ne manquait jamais la musique le dimanche, et qui, tous les jours, traversait le jardin plutôt deux fois qu'une, Paul ne l'y avait jamais rencontrée. Donc, elle venait de la rive droite. Sa toilette le disait assez, une toilette élégante et de bon goût, comme on en voit peu dans les environs de Saint-Sulpice.

Du reste, elle ne semblait pas s'apercevoir qu'elle attirait l'attention de ce joli blond qui lui décochait une œillade brûlante chaque fois qu'il passait devant elle.

Et Paul se demandait déjà s'il avait enfin rencontré ce qu'il cherchait.

Etait-ce le début d'une aventure? Il l'espérait presque et il s'y serait volontiers embarqué, sans savoir où elle le conduirait.

S'il avait pu prévoir comment elle devait finir, il aurait certainement hésité.

La dame lisait un livre à couverture jaune, sans doute un roman nouveau, et ce roman devait être fort intéressant, car elle ne levait pas les yeux.

Paul Cormier, qui la lorgnait inutilement, commençait à se lasser de ce manège improductif, lorsque Mirande, s'arrêtant tout à coup, lui dit: