C’est que, justement, je crains bien que tout à l’heure les musiciens qui vont prendre leurs places ne les forcent à partir…
CALFA.
Mais ce serait un désastre : vous m’annoncez que le préfet doit me gifler ici, j’accours ; on n’a pas deux aubaines comme cela dans sa carrière : mais à condition que ça se voie : s’il n’y a personne pour le voir, cet acte perd toute signification ; et il n’y a plus de raisons pour qu’on me déplace. D’ailleurs, on ne se gifle jamais qu’en public ; s’il n’y a pas de public, on se flanque des coups de poing, et ces procédés répugnent à des gens bien élevés. Il ne faut pas que ces personnes s’en aillent. Vous n’avez pas de parapluies, Messieurs ? Voulez-vous que je vous en envoie chercher ? Si si, je vais en envoyer chercher pour ces dames… Lambert, Guibal, au lieu de ne rien faire, allez donc d’une course prendre des parapluies pour Mme Bédu et Mme Ramage. Au trot !
GÉRÔME.
Voulez-vous que j’aille en chercher deux ou trois à offrir, si par hasard il venait encore du monde ?
CALFA.
Merci, mon cher Gérôme, merci. Moi, je vais marcher un peu : cette attente me surexcite…
GÉRÔME.
On ne vous a jamais giflé ?
CALFA.