Allez chercher le commissaire, et dites-lui que c’est M. Bédu qui veut le gifler…

BÉDU.

Mais, ma parole, tu vas, tu vas…

GÉRÔME.

Votre mari va faire cela, madame Bédu ? M. Bédu entre dans la lice ? Il va gifler le commissaire ? Ah ! bravo ! bravo ! enfin ! bravo ! quand je songe que, sans votre initiative généreuse, une femme avait pu être arrêtée, violentée, que personne dans la ville ne s’élevait pour protester, et qu’il fallait attendre la venue d’un étranger pour châtier l’auteur de cette abominable et criminelle méprise ! Quelle opinion le nouveau préfet aurait-il eue de notre ville ? Mais vous êtes là, cher monsieur Bédu, vous êtes là pour soutenir notre vieux renom chevaleresque : au nom des vieux habitants de la ville, permettez-moi de vous remercier. Bravo ! bravo ! Et puis le préfet vous revaudra cela.

Mme BÉDU.

Tu l’entends, Bédu, tu l’entends ? A la bonne heure, vous, vous m’avez comprise tout de suite. Vous êtes intelligent.

GÉRÔME.

J’ai le sentiment de certaines choses… Je vais chercher le commissaire.

BÉDU.