Mme BÉDU.
Hein ? Ah ! j’ai eu une émotion. J’ai cru que c’était le préfet ! — Nous l’attendons.
JEUNHOMME.
Alors quoi ? cette permanence, c’est de la frime ? C’est pour se créer un alibi, si on ne le trouve pas au commissariat. Quelle anarchie ! Il est temps que le préfet arrive !
BÉDU.
A qui le dites-vous !
JEUNHOMME.
Mais ça ne se passera pas comme ça. Je venais me plaindre d’un de ses agents qui, pour faire du zèle, vient de me dresser une contravention et de me confisquer mes journaux, parce que je criais ce qu’il y avait dedans. Il paraît que c’est défendu. Moi, je ne savais pas, n’est-ce pas : c’est pas mon métier, puisque je faisais un remplacement. Mais si c’est défendu de crier, c’est pas défendu de chanter : ça m’abîme la gorge, Calfa va être furieux. Et je chante (psalmodiant) : Le changement de ministère. Voyez le nouveau ministè-è-re…
En l’entendant, les agents sortent de dessous le kiosque.
LAMBERT.