Notre rédacteur en chef vient d’être victime d’un inqualifiable attentat. Assis à la table du café Fougères avec quelques amis, M. Antonin Canelle parcourait, en les commentant selon son habitude, les diverses feuilles parisiennes que le courrier venait d’apporter.

Soudain un forcené s’est approché de lui, et, brusquement, par derrière, lui a asséné un violent coup de poing.

Grâce aux consommateurs qui se sont immédiatement interposés, l’agresseur a pu, par une fuite précipitée, éviter les justes représailles auxquelles s’apprêtait notre ami.

Quant au nom de cet énergumène, l’ignominie du procédé le proclame assez haut, et tous nos lecteurs ont déjà compris qu’il s’agit du valet de plume aux gages des jésuites, du cacographe de la feuille clérico-cafarde.

Quelque habitude que nous en ayons pu prendre au cours de la dernière période électorale, ces mœurs de cannibales nous produisent encore un haut-le-cœur de surprise et de dégoût.

Ajoutons que M. Antonin Canelle a immédiatement adressé au Parquet la lettre suivante :

« Monsieur le Procureur,

« Puisque la libre circulation dans les rues de La Marche et les endroits publics n’est plus assurée aux honnêtes gens, j’ai l’honneur de vous faire connaître qu’à partir de ce jour je sortirai armé.

« Veuillez, etc. »

A bon entendeur, salut !


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