Voyons, ma bonne amie, voyons !… L’hiver a été si triste, sans rien à la Préfecture !… On aurait pu lui laisser danser le cotillon !

Mme BÉDU.

Je ne le danse pas. Et puis c’est toi, monsieur Bédu, qui, m’as-tu dit, avais la migraine !

BÉDU.

Certainement ! Mais je disais cela pour que vous ne vous gêniez pas ; je serais allé faire un tour et puis je serais revenu vous chercher.

Mme BÉDU.

Pas du tout ; d’ailleurs Amélie est l’amie de Germaine, nous devions venir, nous sommes venus, c’est très bien. Mais je trouve que, pour des fonctionnaires républicains, nous nous sommes suffisamment compromis chez notre amie Mme Champenois : qui sait ce qu’en pensera le nouveau préfet ? Et crois-tu que ce sera une excellente note, s’il arrive demain, que tu aies dansé toute la nuit dans un milieu réactionnaire ?

BÉDU.

Voyons, Mme Champenois n’est pas un milieu réactionnaire ! Un mariage n’est pas de la politique, et puis il faut avoir l’esprit large…

Mme BÉDU.