GUIBAL.

Celui que nous a offert la municipalité socialiste, quand ils ont été élus, sentait plus le sucre…

GÉRÔME.

Bah ! tous se valent… Tout ça, c’est du champagne de soirée, ou, comme on dit, du champagne de préfecture… La République nous a donné des préfets qui n’ont pas le sou, puisqu’ils sont fonctionnaires républicains, et qui, pourtant, doivent faire boire du champagne à tout le monde, puisqu’ils sont des administrateurs démocrates : le champagne, ils le font fabriquer dans les prisons. Et tout le monde a si bien pris l’habitude d’en boire que, même dans de vieilles familles bourgeoises, même chez Mme Champenois, c’est de celui-là qu’on nous sert !… Les caves s’en vont !

LAMBERT.

Vous n’aimez pas la République ?

GÉRÔME.

On peut aimer la République et ne pas aimer le mauvais champagne. Allez voir si M. Ramage, tout républicain qu’il est, me demanderait jamais autre chose en soirée que du bouillon, du punch au kirsch ou du chocolat ?

GUIBAL.

Tiens, le voilà qui revient avec M. Bédu !