CALFA.

Vous avez de la chance, vous, si vous trouvez à employer vos nuits en dehors du service !

LAMBERT.

Pardon, Jeunhomme n’était pas dans la rue, il était dans le square, et monsieur le commissaire sait que nous ne surveillons le square que le samedi, vu que c’est seulement le samedi que la jeunesse de la ville met parfois des emblèmes à la statue de l’ancien maire…

Et Jeunhomme chante toujours.

CALFA.

Mais empêchez-le donc de chanter, au moins ; il va s’éreinter !… (L’agent entre dans le square, ramène Jeunhomme qui est pris d’une violente quinte de toux.) Incorrigible alors ? Toujours la fête ? Je vous demande un peu si c’est une façon d’occuper son temps, quand on veut se donner les gants d’être un anarchiste ! Un anarchiste, monsieur, il me semble que lorsqu’on est anarchiste, on doit rester chez soi à faire des lectures, écrire des manifestes, travailler dans son laboratoire, que sais-je ?… (Jeunhomme est repris d’une quinte plus violente.) Allons, bon, nous voilà bien… Il faudrait lui faire prendre tout de suite quelque chose de chaud.

LAMBERT, à Gérôme qui paraît au seuil.

Ah ! monsieur Gérôme, vous ne pourriez pas nous procurer un peu de bouillon ?

GÉRÔME.