En 1841, elle se rendit en Italie d’où elle rapporta une nouvelle étude, moins bonne que les autres: A Visit to Italy, parue en 1842. C’est qu’elle ne s’y est point tenue à la description des mœurs, et son style ni son talent ne se prêtaient point du tout à dépeindre la beauté italienne. Elle se plaisait pourtant à Florence; à partir de 1842, chaque année elle y passa l’hiver, et n’habita plus l’Ecosse que durant quelques mois de l’été. Toujours curieuse du monde, elle cherchait à se procurer des relations en Toscane; dans une lettre du 7 septembre 1844, qui nous a été conservée, et où il vante «l’amour particulier que la célèbre femme de lettre anglaise porte à notre malheureuse patrie», l’un des champions du Risorgimento, Terenzo Mamiani, recommande chaudement à son amie, la marquise Torrigiani, Mrs. Trollope qui vient s’établir à Florence avec son fils aîné et sa fille.

CABRIOLET DE PLACE

C’est donc en Toscane que Frances Trollope composa pour vivre ses derniers ouvrages. Ils sont inférieurs aux premiers; écrits à la hâte, ils paraîtraient, je crois, peu lisibles aujourd’hui. Son mari était mort près de Bruges en 1835. Elle-même expira à Florence le 6 octobre 1863, à l’âge de 84 ans, en laissant cinq enfants: trois filles et deux fils, Antony et Thomas-Adolphus, qui tous deux suivirent la carrière des lettres et dont le premier tint à Florence un salon qui eut de l’influence.

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Ce qui nous intéresse ici, c’est le voyage, qu’âgée de 55 ans, Mrs. Trollope fit à Paris, au printemps de 1835, et dont elle a rédigé le récit sous forme de lettres adressées à l’une de ses amies. Ces lettres—qu’elles aient été envoyées ou non—ne sont point datées; seules, la première porte la date du 11 avril 1835, et la dix-huitième, celle du 6 mai 1835. Mais Mrs. Trollope nous apprend elle-même qu’elle resta neuf semaines à Paris. C’est quand elle fut revenue à Londres qu’elle publia ses lettres—en les faisant précéder d’une courte préface (datée de «décembre 1835») et suivre d’un post-scriptum ou conclusion—sous le titre que voici:

Paris || and || the Parisians || in 1835 || by Frances Trollope || author of Domestic manners of the Americans. || Tremordyn cliff, etc. || [Epigraphe:] «Le pire des états, c’est l’état populaire.» Corneille. || In two volumes || Vol. I.[II.]= London:|| Richard Bentley, || New Burlington street || Publisher in ordinary to His Majesty. || 1836. 2 vol. in-8º, de XV-418 et IX-412 pages[A].

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CABRIOLET DE MAITRE