VICTOR HUGO EN 1835
(Extr. du Charivari)
Son goût passionné pour les scènes de vice et d’horreur, et son profond mépris pour tout ce que le temps a consacré comme bon, soit en matière de goût soit en
STATUETTE DE VICTOR HUGO
(Par Dantan) (Extr. du Musée Dantan)
morale, pouvait, à ce que je pensais, entraîner les cerveaux déréglés de notre temps; et, de la sorte, il ne pouvait manquer d’avoir la sympathie et la louange de ceux qui mettent ses théories en pratique. Mais il n’en est pas ainsi. On reconnaît la vigueur sauvage de quelques-unes de ses descriptions; mais c’est là le seul éloge que j’aie jamais entendu faire de l’œuvre dramatique de Victor Hugo, dans son pays natal.
Les incidents émouvants, hardis, effrayants de ses drames dégoûtants peuvent et doivent exciter un certain degré d’attention quand on les voit pour la première fois et il est évidemment dans l’intérêt des directeurs d’encourager des productions qui peuvent produire ces effets; cela ne peut donc être considéré comme une dégradation systématique du théâtre. C’est un fait que les affiches seules attestent suffisamment, que les pièces de Victor Hugo, quand elles ont épuisé leur première vogue, ne sont plus jamais reprises à la scène; pas une ne reste au répertoire. Ce fait, qui m’avait déjà été signalé par une personne parfaitement au courant du sujet, m’a été confirmé par beaucoup d’autres; et cela en dit plus qu’aucun critique ne le pourrait faire sur le bon sens du public...