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INDULGENCE EXCESSIVE DU MONDE A PARIS.—INFLUENCE DU CLERGÉ ANGLAIS SUR LES MŒURS MONDAINES.
Quoique je demeure toujours convaincue que la véritable société française, c’est-à-dire celle qui se compose des personnes bien élevées des deux sexes, est la plus gracieuse, la plus animée, la plus séduisante du monde, je pense toutefois qu’elle n’est pas aussi parfaite qu’elle pourrait l’être, s’y l’on si montrait un peu plus difficile dans le choix des personnes que l’on y admet.
Quiconque connaît la bonne société en France doit être persuadé qu’il s’y trouve et des hommes et des femmes qui, aux grâces les plus aimables de la vie sociale, joignent les vertus les plus solides; mais il est impossible de nier que, tout admirables que soient quelques individus de ce cercle, ils exercent envers des personnes moins estimables qu’eux une tolérance qui ne laisse pas que de choquer nos opinions, quand le hasard nous apprend certaines anecdotes authentiques concernant ces personnes.
Il est heureusement impossible, et ce ne serait, en tout cas, pas très sage, de lire dans le cœur de tous les gens reçus chez une dame de Paris ou de Londres, afin de découvrir le mystère de ce qui s’y passe. On ne doit pas s’attendre que les maisons qui reçoivent beaucoup de monde puissent scruter ainsi toutes les personnes qu’elles admettent; mais partout où la société est bien ordonnée, il me semble que l’on ne devrait pas accueillir certains individus de l’un ou de l’autre sexe, de qui la conduite extérieure et visible a attiré les yeux du monde et la réprobation des gens vertueux...
Une des raisons, à mon avis, pour lesquelles il y a ici moins de sévérité dans la bonne société, c’est qu’il ne se trouve point d’individus, ou pour mieux dire, point de classe d’individus, dans le vaste cercle qui constitue ce que l’on appelle en grand la société de Paris, qui ait le droit de prendre la parole et de dire: «Ceci ne doit pas être.»
Heureusement, chez nous, le cas est différent, du moins pour le moment. Le clergé d’Angleterre, ses respectables épouses et ses filles si bien élevées forment une caste distincte, à laquelle rien ne ressemble sur tout le vaste continent de l’Europe...
Quand de telles personnes fréquentent habituellement dans la société comme elles le font en Angleterre, quand elles y amènent avec eux les femmes qui composent leurs familles, il n’est guère à craindre que le vice effronté ose s’y présenter aussi.
ÉPOUSE COUPABLE