Un jour, à la Noël, les père et mère d’Isabelle avaient invité Marie et son papa et sa maman. Le receveur avait apporté son violon, et Marie avait été très fière d’entendre son père jouer dans le grand salon.
Aussi, tandis qu’on se recueillait dans le plus grand silence, elle était allée se mettre contre les genoux de sa maman qui lui avait caressé les cheveux. Elle voulait faire savoir au monde, en se faisant cajoler de la sorte, qu’elle était bien la petite fille de cette maman-là, et de ce papa-là qui jouait si bien du violon.
On avait pris le thé ensuite, et la femme de chambre qui apporta le plateau était la jolie femme de chambre qui avait ouvert la porte à Marie, la première fois qu’elle était venue au château. Mais il y avait une autre femme de chambre, aussi jolie, que l’on voyait moins souvent. Toutes les deux avaient l’air de papillons blancs des choux.
Marie, son papa et sa maman, revinrent du château par une belle neige, qui, en quelques heures, avait rendu la campagne toute plate et toute ronde. En rentrant, on avait remis à papa un papier. Il l’avait ouvert, et il avait dit à maman :
— Mon amie, on m’annonce mon changement. Je suis nommé à Arbouët, dans le pays basque.
Et maman lui avait répondu :
— Il faut que ce soit au moment que nous commencions de nous attacher à ce pays, d’y avoir des relations agréables…
Et papa avait répondu :
— C’est la vie.