La luxuriante forêt de pierre apparaît, qui semble recouverte de rosée par le scintillement des prismes naturels. Mais les deux coquins n'ont cure de cette métamorphose souterraine. Ils déroulent leur décamètre ; la route s'ouvre librement devant eux, avec, au bout pensent-ils, l'objet de leur longue convoitise.

— C'est ici! prononcent-ils bientôt sans hésiter.

— Ah! laisse-moi le premier mettre la main dessus! s'écrie Jacob Meyer d'une voix rendue gutturale par la cupidité.

Et, contournant le couvercle rocheux, il projette dans le trou un faisceau de rayons.

Aussitôt, comme enveloppée d'une lueur d'aube où s'épanouit le narcisse, surgit Eva que je ne vois que de profil.

Mais qu'elle est belle!

Elle sourit. Elle fait, de ses bras ronds et de ses mains unies sous sa nuque, un arc charmant, et elle bâille comme si elle sortait d'un profond sommeil, montrant des dents qui valent toutes les perles du trésor de la famille Passerose.

Et, sous les yeux des deux Juifs pétrifiés comme les végétaux de la grotte, elle s'en va.

Je suis ravi de la perfection de son jeu et, tandis qu'il me faut réprimer mon envie d'applaudir, je suis le témoin de ce dialogue invraisemblable :

— Eliézer?