Il y a une tempête. Le voici maintenant sur une chaloupe. Il va au secours d’un navire en danger et le sauve.

Il y a un tremblement de terre, beaucoup de maisons s’effondrent sur les habitants de la Pointe-à-Pitre à midi quand les fourneaux sont allumés. Il ampute des bras et des jambes.

Il se dévoue lors d’une épidémie de choléra.

Il a la croix d’honneur.

Mais que lui importent la chasse, la saveur épicée des mets et ses actes de courage récompensés ? Sa compagne charmante est morte en rentrant à la Guadeloupe, malgré tous les soins qu’il lui a fait donner à Paris, malgré l’habileté des chirurgiens. Il est seul, ses enfants sont en France au collège. Son cœur est malade et il pense avoir trouvé, pour en accélérer ou ralentir les battements, le jus de la verveine.

TA BISAIEULE ANTOINETTE

Elle passa la mer plusieurs fois, des Antilles en France et de France aux Antilles où elle mourut en touchant terre, comme une vague gémit et s’efface.

Ses traits sont absents, il ne reste d’elle que du corail, de la soie et deux raisins d’or qui tremblaient à ses oreilles.

TON GRAND-PÈRE PATERNEL

Le front courbe, les tempes larges et plates, le nez busqué, les yeux noirs, la lèvre supérieure retroussée, la barbe grise en pointe, le port de tête en arrière, de haute taille ; il était fait davantage pour vivre en grand seigneur à la Guadeloupe que dans ce bureau où il gagnait notre pain en usant son cœur.