Fin des Cinq premieres
Eglogles, de l'Amie
rustique.
[Chansons.]
Mon cueur souffre grand martire,
Mais le dire
Permis, certes ne m'est point.
Las! c'est bien estrange chose
Que je n'ose
Monstrer le mal qui me poingt.
Ma douleur ha longue traitte,
Et secrette,
Vivement se fait sentir:
Peu à peu consommant l'ame
D'une flamme,
Qu'on ne pourroit amortir.
A fin que plus haut ne monte,
D'aide prompte
Au mal visibl' on pourvoit,
Le mien donques perdurable
N'est curable
Despuis que l'oeil ne le void.
Le sang de ma playe vive
Ne derive,
Au moins qu'il soit evident,
Voilà pourquoy ma meurdriere
Ha matiere
Pour couvrir tel accident.
Et lors que ma navr' austere
Je veux taire,
Est plus forte la moitié
Et tenant sa violence
En silence
Croistre sans mon amitié.