[223] L'amour est à l'âme de celui qui aime ce que l'âme est au corps qu'elle anime (MS 13, I 77).

[224] Il n'y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l'amour où il est, ni le feindre où il n'est pas (max. 70, I 80).

[225] Comme on n'est jamais libre d'aimer ou de cesser d'aimer, on ne peut se plaindre avec justice de la cruauté de sa maîtresse, ni elle de la légèreté de son amant (MS 62, I 81).

[226] La durée de l'amour et ce qu'on appelle ordinairement constance sont deux choses bien différentes: la première vient de ce que l'on trouve sans cesse dans la personne que l'on aime, comme dans une source inépuisable, de nouveaux sujets d'aimer, et l'autre vient de qu'on se fait un honneur de tenir sa parole (max. 176, I 185).

[227] Les vices entrent dans la composition des vertus comme les poisons entrent dans la composition des plus grands remèdes de la médecine, la prudence les assemble, elle les tempère et elle s'en sert utilement contre les maux de la vie (max. 182, I 191).

[228] Les biens et les maux qui nous arrivent ne nous touchent pas selon leur grandeur, mais selon notre sensibilité (MP 16).

[229] La curiosité n'est pas, comme l'on croit, un simple amour de la nouveauté: il y en a d'intérêt, qui fait que nous voulons savoir les choses pour nous en prévaloir; et il y en a une autre d'orgueil, qui nous donne envie d'être au-dessus de tous ceux qui ignorent les choses, et de n'être pas au-dessous de ceux qui les savent (max. 173, I 182).

[230] On est souvent reconnaissant par principe d'ingratitude (max. 226, I 240).

[231] On fait souvent du bien pour pouvoir faire du mal impunément (max. 121, I 125).

[232] Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois (max. 149, I 154).