| pour la | 1re | année de | 78 % |
| — | 2e | — | 105 % |
| — | 3e | — | 123 % |
| — | 4e | — | 137 % |
| — | 5e | — | 150 % |
| — | 6e | — | 191 % |
| — | 7e | — | 214 % |
Le tableau suivant fait connaître quel serait successivement le nombre annuel des lettres, en France, si le nouveau tarif produisait un accroissement proportionnel égal à celui, progressivement réalisé en Angleterre, depuis l'établissement de la réforme postale. Il présente en même temps les résultats financiers que cet accroissement aurait sur les recettes brutes des postes françaises.
| ANNÉES | ANNÉES à dater de la réforme postale. | SUR LE NOMBRE ACTUEL. accroissement | TOTAUX des lettres par année. | PRODUITS annuels à la taxe de 0,20 | RÉSULTATS par rapport à la recette annuelle de 34,000,000 | ||||||||
| proportionnel comme en Angleterre. | réel sur 81 millions. | PERTE. | BÉNÉFICE. | ||||||||||
| L | L | L | F | F | F | ||||||||
| 1840 | 1er | 78 % | 63 | millions | 144 | millions | 28 | millions | 6 | millions | » | » | |
| 1841 | 2e | 105 % | 85 | — | 166 | — | 33 | — | 1 | — | » | » | |
| 1842 | 3e | 123 % | 99 | — | 180 | — | 36 | — | » | » | 2 | millions | |
| 1843 | 4e | 137 % | 111 | — | 192 | — | 38 | — | » | » | 4 | — | |
| 1844 | 5e | 160 % | 129 | — | 210 | — | 42 | — | » | » | 8 | — | |
| 1845 | 6e | 191 % | 154 | — | 235 | — | 47 | — | » | » | 13 | — | |
| 1846 | 7e | 214 % | 173 | — | 254 | — | 50 | — | » | » | 16 | — | |
Si les raisonnements antérieurs avaient laissé subsister quelques doutes, relativement aux bons effets que le tarif proposé exercerait sur l'accroissement du nombre de lettres et sur les recettes brutes du service de l'administration des postes, l'examen du tableau qui précède les détruirait complètement.
En assimilant les résultats que produirait la réforme postale, en France, aux résultats qu'a produit cette réforme en Angleterre, on trouve que, si les deux premières années devaient donner ensemble une perte de sept millions, comparativement avec les recettes brutes actuelles, les cinq années suivantes donneraient ensemble un bénéfice de 42 millions!...
Il est inutile d'examiner plus longuement la question de savoir si, comme l'affirment les adversaires de la réforme postale, la taxe unique de »,20 c. par lettre causerait dommage aux finances publiques. Cet argument, le seul qu'on ait opposé à cette grande amélioration sociale, n'a aucune valeur.
De tout ce qui précède, il résulte que le tarif comportant une taxe unique de 0,20 c. par lettre simple, à toute distance, est, de tous les moyens proposés, le seul capable de remédier utilement et complètement aux inconvénients et aux vices de la tarification postale actuellement appliquée en France.
Le meilleur système à employer pour effectuer, en France, la réforme postale, est maintenant reconnu. Il reste à en examiner l'application.
IV.
Pour réaliser tous les avantages qu'une réforme postale intelligente et rationnelle doit produire, il ne suffit pas d'adopter un tarif unique et très modéré; il faut ajouter, à cette modification principale, des modifications accessoires nécessaires pour en compléter la valeur et les effets.