M. Laffitte.--J'en atteste le Moniteur et la Sténographie.
M. Guizot.--Depuis que j'ai l'honneur de siéger dans cette Chambre, je n'ai jamais inculpé les intentions de personne. Je prie ceux de mes honorables collègues qui ont le souvenir de ce que j'ai pu dire à cette tribune, de se rappeler que j'ai toujours professé pour les intentions de tous le plus profond respect. Peut-être les analogies que peuvent avoir quelques paroles ont donné lieu à cette méprise. J'ai attaqué le système, les actes, la conduite.
A droite et à gauche avec force.--Et les intentions.
M. Guizot.--Cela n'est pas possible. De même que l'opposition, avec ses paroles et ses moyens d'influence, peut attaquer le ministère, il est juste que les membres qui appuient ses actes aient aussi le droit d'attaquer les actes de l'opposition; mais je n'ai jamais dit les intentions.
Les mêmes membres.--Si, si, vous l'avez dit.
M. Sans, avec force.--Vous avez parlé d'intentions, vous l'avez dit d'une manière très-solennelle.
M. Guizot.--Je n'ai aucun souvenir d'avoir prononcé le mot intention; si je l'ai dit (oui, oui!) je le désavoue. (Marques de satisfaction.)
--Séance du 21 septembre 1831.--
M. Guizot.--Messieurs, je n'abuserai pas des moments de la Chambre; je ne rentrerai pas dans la discussion générale, je parlerai uniquement des faits qui me sont personnels, et j'en parlerai avec d'autant plus de modération qu'ils me sont personnels. Il peut m'arriver de traiter vivement des questions générales, d'attaquer vivement les sentiments, la conduite; mais je regarde la modération comme un devoir strict, toutes les fois qu'il s'agit des personnes. La Chambre me fera l'honneur de croire que je ne sortirai jamais des bornes de la plus rigoureuse mesure.