M. Thiers.—Il fallait donc le dire avant le 29 octobre.
M. le ministre des affaires étrangères.—Savez-vous, messieurs, ce qui est arrivé quand le traité du 15 juillet a été signé? Il y a eu une chance possible, un germe de guerre en Europe.
Nous avons dans notre sein, en France, des factions..... (Exclamations à gauche.)
Au centre.—Oui! oui!
M. le président.—Les interruptions ne peuvent être tolérées; la tribune doit être libre, surtout pour un ministre; il ne doit pas être interrompu; et aussi longtemps que les interruptions continueront, il attendra le silence.
(Le silence se rétablit.)
M. le ministre des affaires étrangères.—Nous avons dans notre sein des factions......
M. de Tocqueville.—Je demande la parole.
M. le ministre des affaires étrangères.—... Des factions, qui des qu'elles découvrent une chance de guerre, s'en emparent et essayent de la féconder.
Voilà ce qui est arrivé. On a dit que le traité du 15 juillet, c'était l'ancienne coalition, que c'était la Sainte-Alliance renaissant contre la France. (À gauche: Oui! oui!) On a dit que le traité du 15 juillet, c'était le partage de l'empire ottoman. On a dit que le traité du 15 juillet, c'était un affront fait à la France. Et avec cela on s'est appliqué à égarer, à entraîner le pays, à l'entraîner dans une guerre sans motif suffisant et légitime. Voilà l'œuvre des factions.