Edward sourit encore, tellement indifférent à ces sortes de questions qu'il n'essaie pas de poursuivre le colloque. La jeune fille, au contraire, interroge:
—Si vous me vouliez convertir, Claude, que me diriez-vous?
—Je vous demanderais d'abord si, dans votre Église, rien ne vous manque. Vous êtes en face de Dieu, et, de vous à lui, il n'est pas de routes. Des exhortations, des prières communes très pathétiques vous peuvent donner la sensation de sa présence; hors ces minutes d'ardeur collective. Il vous demeure inaccessible.
May, devant les mois, hésite comme toute femme aux prises avec des formules abstraites:
—Peut-être est-il vrai que notre faiblesse est de ne savoir jamais si nous sommes justifiés. Sans doute, je crois bien que vos dogmes sont puérils, et toute cette idolâtrie!
Claude, trop familier, se rebiffa:
—Vous parlez de ce que vous ignorez.
Le mépris du séminariste pour la femme était sensible, mais la jeune fille ne parut pas entendre et, comme se parlant à soi-même, elle dit:
—Si j'étais catholique, j'aimerais cette règle extérieure, ce repos de croire ce qu'on me dirait de croire, et surtout cette assurance d'être pardonnée.
Claude joignit les mains et, ce cri lui échappa: