—Lisez donc, père, s'écria Marthe exaspérée.

M. Balzon coupa proprement l'enveloppe avec son couteau à dessert.

—Jean-Paul arrive demain, il s'arrêtera un jour ici avant d'aller chez son père; tu auras un plus aimable compagnon que moi... Et il ajouta: «Tu vas voir qu'il passera à Castelnau toutes ses journées; tant mieux d'ailleurs; c'est un jeune homme avec qui j'aime assez causer. Je crois qu'il s'intéresse à mon travail sur Lucile de Chateaubriand. Mais je l'ennuie...»

Marthe protesta.

—Si, si... Nous avons chacun une culture très différente. Il méprise tout ce que j'aime; Sully-Prudhomme lui paraît négligeable, François Coppée le fait rire. Il crie au génie devant des œuvres à quoi je ne comprends rien, me cite des noms que j'ignorais: Jammes, Claudel, André Gide... Il s'exalte à propos de Barrès ... au fond, il me juge tel qu'une vieille bête.

—Mais non, papa, je vous assure ... et Marthe joyeusement embrasse le vieux monsieur.


XVII

Et voici qu'elle marche dans le crépuscule à côté du bien-aimé et lui demande doucement:

—De quoi te faut-il consoler?