Un fama fit demander à un autre fama de lui donner sa fille Dêdé en mariage et celui-ci y consentit.

Au moment du départ de la fiancée pour se rendre chez son mari, son père lui donna une griote comme compagne de voyage. Elles se mirent en route.

On était en pleine saison sèche et la chaleur était excessive. Les villages se faisaient rares sur la route et, le dernier jour du voyage, elles avaient une très longue étape à effectuer dans une région complètement désertique. Ce jour là, la provision d'eau vint à s'épuiser. Seule la griote avait gardé de l'eau dans une outre qu'elle portait.

Dêdé, qui avait grand soif, demanda un peu à boire à sa compagne de route: «Si tu ne me donnes pas la moitié de tes bijoux, lui répondit celle-ci, je ne te donnerai pas de mon eau».

La princesse remit alors à la griote un bracelet de bras et un bracelet de pied et, en échange, celle-ci versa de l'eau plein une coquille d'huître pour qu'elle put se désaltérer un peu.

Plus loin, Dêdé éprouva de nouveau le besoin impérieux de se rafraîchir. La griote exigea d'elle le reste des bijoux dont elle était parée et lui remit de nouveau de l'eau plein la coquille d'huître.

On n'était plus très loin du village du fiancé quand la princesse, pressée par une soif ardente, supplia encore la griote de lui donner à boire.

—«Donne-moi tous tes vêtements et tout ce qui témoigne de ton origine royale, de façon qu'en nous voyant ensemble on croie que c'est moi la véritable fiancée du fama.»

Dêdé, vaincue par la soif, céda aux exigences de la griote. Celle-ci alors lui retira ses pagnes et ses boubous et lui remit en échange les vêtements rouges de sa caste dont la princesse se revêtit.

Elles se présentèrent ainsi devant le fama.