LES CALAOS ET LES CRAPAUDS

(Malinké).

En ce temps-là, crapauds et calaos vivaient en bonne intelligence. Le roi calao avait donné sa fille en mariage au roi des crapauds.

Un fils était né de cette union. Un jour, il dit à sa mère: «Je vais rendre visite à «grand-papa calao». Il se mit en route avec un camarade et ils arrivèrent chez le grand-père.

Le camarade du prince crapaud se prit de querelle avec un des oncles de son ami. Celui-ci le saisit et—crac!—d'un coup de bec, il le coupa en deux. L'oncle calao avala par mégarde un des morceaux et surpris d'y trouver si bon goût, il porta l'autre morceau au grand-père calao en lui disant: «Baba! la chair de ces sales bêtes est délicieuse à manger. Goûtes-en donc!»

Grand-papa calao prit le morceau et l'avala. La chair de crapaud lui parut d'une saveur réellement très agréable. Il y prit goût à tel point qu'il résolut de s'en procurer de nouveau. Mais il ne voyait pas le moyen de parvenir à ses fins.

Il alla trouver le chat[155] et lui fit part de son désir et de son embarras. «Tu es le beau-père du roi des crapauds, lui répondit le chat. Eh bien! tu n'ignores pas que, lorsqu'on a accordé sa fille à quelqu'un, l'usage veut que le gendre vienne cultiver le champ de son beau-père! Envoie inviter le roi crapaud à défricher ton lougan demain matin. Il viendra, accompagné de tout son peuple, et tu pourras faire d'eux tout ce qu'il te plaira».

Note 155:[ (retour) ] Le chat joue ici le rôle de conseiller comme dans le conte: «D'où vient le soleil.»

Grand-père calao envoya donc mander son gendre. Et toute la gent crapaude arriva, précédée d'un griot[156] qui frappait du dounnou[157] et qui chantait:

Culture pour le beau-père (bis).