Je ne m'étendrai pas plus longuement sur le symbolisme indigène. Il serait aisé d'en multiplier les exemples. Les contes de ce recueil en offriront un certain nombre à ceux qui seraient tentés d'étudier la question plus à fond.

L'onomatopée chez les noirs.

De même, je n'effleurerai ce sujet qu'en passant. L'oreille des noirs ne perçoit pas, semble-t-il, les sons de la même façon que la nôtre, sinon, il faudrait conclure qu'ils interprètent leurs perceptions d'une manière très différente de nous. J'ai cru devoir transcrire les sons comme ils m'ont été figurés plutôt que de les traduire par les onomatopées françaises correspondantes, quitte à indiquer en note ces dernières.

Ces onomatopées indigènes, comme les nôtres, rendent non seulement les bruits, mais encore les mouvements silencieux tels que le tortillement du serpent ou le balancement d'un objet. A côté de cela, on trouve dans les chansons des noirs des mots sans signification spéciale qui forment une sorte de refrain analogue aux «tra dé ri dera» ou aux «et lon lon laire et lon lon la» de nos chansons françaises.

Voici quelques-unes de ces onomatopées:

Ouellêni iô!: bruit des grelots attachés en bracelets aux chevilles des enfants = Dindelinn?

Gouinsinkélé gouinsan: aucune signification.

Kénié kéniéndé: frottement des écailles du serpent les unes contre les autres = Frik! Frak!

Bayevélé! Vélébaya!: bruit de l'eau jetée à la volée et qui retombe dans l'eau = Floc! Flac!

Bataou!: bruit d'un objet tombant dans l'eau et s'y engloutissant = Plouf?