1° Les Géants.—L'aspect véritable des guinné n'est pas connu et ne saurait l'être car—disent les Peulh—ils prennent toutes les formes qu'il leur plaît. Aussi les verrait-on tels qu'ils sont réellement qu'on ne pourrait affirmer que cet aspect est réellement le leur [77].

Note 77:[ (retour) ] Voir à ce sujet Le kitado vengé.

Les Ouolof se les représentent comme des géants à membres grêles [78] ayant un seul oeil fendu dans le sens vertical et placé sur le front au-dessus d'un nez très allongé. Ils leur supposent de très longs cheveux et une barbe qui tombe jusqu'aux pieds. [79] Enfin ils leur font jeter le feu par les yeux et par la bouche. Quant aux déguisements qu'ils peuvent revêtir, ils sont innombrables: bouc, cabri, chat, serpent, cartouche, torche flambante, etc, etc.

Note 78:[ (retour) ] Voir La fille d'Aoua Gaye.

Note 79:[ (retour) ] Voir Le chasseur de Ouallalane.

Selon les Peuhl, le guinnârou est de taille gigantesque; ses pieds sont tournés à l'envers et sa bouche fendue verticalement. Lui aussi porte des cheveux très longs. Quant à sa couleur, elle est infiniment variable ainsi que les formes qu'il prend. Dans Hammat et Mandiaye il est présenté comme ayant le dos en forme de lame de rasoir et avec un seul de chacun des membres que l'espèce humaine possède en double.

Le guina bambara ressemble au guinné ouolof. Les contes où l'on parle de lui sont d'ailleurs très sobres de descriptions. [80]

Note 80:[ (retour) ] Voir notamment: Les nyama et le cultivateur, L'hermaphrodite, Les oukolo et l'apprenti chasseur.

Le conte de La mounou de la Falémé s'accorde avec la description qui m'a été faite des faro pour dépeindre celles-ci comme des femmes de couleur claire à cheveux longs et lisses ainsi que les portent les femmes maures (ou syriennes, c'est-à-dire de race blanche).

Aucune indication précise, différente de celles que je viens de transcrire, ne m'a été donnée sur l'aspect physique des guinné gourmantié, haoussa, dyerma, hâbé [81].