—Pas mal raisonné pour un bûcheron! mais tu perds de vue une chose, c'est que les 5 francs que tu ferais gagner au cordonnier,—si tu traitais avec l'Anglais,—je les lui ferai gagner moi-même si tu traites avec moi.

—Pardon, excuse, maître; mais vous m'avez vous-même appris, l'autre jour, à me préserver de cette confusion.

J'ai 10 francs.

Traitant avec vous, je vous les livre et vous en ferez ce que vous voudrez.

Traitant avec l'Anglais, je les livre, savoir: 5 francs au gantier, 5 francs au cordonnier, et ils en feront ce qu'ils voudront.

Les conséquences ultérieures de la circulation qui sera imprimée à ces 10 francs par vous dans un cas, par le gantier et le cordonnier dans l'autre, sont identiques et se compensent. Il ne doit pas en être question[89].

Il n'y a donc en tout ceci qu'une différence. Selon le premier marché, je n'aurai pas de souliers; selon le second, j'en aurai.

Le maître de forges s'en allant: Ah! où diable l'économie politique va-t-elle se nicher? Deux bonnes lois feront cesser ce désordre: une loi de douanes qui me donnera la force, puisque aussi bien je n'ai pas la raison,—et une loi sur l'enseignement, qui envoie toute la jeunesse étudier la société à Sparte et à Rome. Il n'est pas bon que le peuple voie si clair dans ses affaires[90]!

58.—DEUX PERTES CONTRE UN PROFIT.