Le Parlement anglais est convoqué pour le 18 de ce mois.
C'est la situation critique des affaires qui a déterminé le cabinet à hâter cette année la réunion des Communes.
Tout en déplorant la crise qui pèse sur le commerce et l'industrie britanniques, nous ne pouvons nous empêcher d'espérer qu'il en sortira de grandes réformes pour l'Angleterre et pour le monde. Ce ne sera pas la première fois, ni la dernière sans doute, que le progrès aura été enfanté dans la douleur. Le libre arbitre, noble apanage de l'homme, ou la liberté de choisir, implique la possibilité de faire un mauvais choix. L'erreur entraîne des conséquences funestes, et celles-ci sont le plus dur mais le plus efficace des enseignements. Ainsi nous arrivons toujours, à la longue, dans la bonne voie. Si la Prévoyance ne nous y a mis, l'Expérience est là pour nous y ramener.
Nous ne doutons pas que des voix se feront entendre dans le Parlement pour signaler à l'Angleterre la fausse direction de sa politique trop vantée.
«Rendre à toutes les colonies, l'Inde comprise, la liberté d'échanger avec le monde entier, sans privilége pour la métropole.
«Proclamer le principe de non-intervention dans les affaires intérieures des autres nations; mettre fin à toutes les intrigues diplomatiques; renoncer aux vaines illusions de ce qu'on nomme influence, prépondérance, prépotence, suprématie.
«Abolir les lois de navigation.
«Réduire les forces de terre et de mer à ce qui est indispensable pour la sécurité du pays.»
Tel devra être certainement le programme recommandé et énergiquement soutenu par le parti libéral, par tous les membres de la Ligue, parce qu'il se déduit rigoureusement du libre-échange, parce qu'il est le libre-échange même.
En effet, quand on pénètre les causes qui soumettent à tant de fluctuations et de crises le commerce de la Grande-Bretagne, à tant de souffrances sa laborieuse population, on reste convaincu qu'elles se rattachent à une Erreur d'économie sociale, laquelle, par un enchaînement fatal, entraîne à une fausse politique, à une fausse diplomatie; en sorte que cette imposante mais vaine apparence qu'on nomme la puissance anglaise repose sur une base fragile comme tout ce qui est artificiel et contre nature.