Répondez: La liberté est nécessaire partout et par le même motif.

—Si l'on vous dit: Chaque pays a ses besoins. C'est d'après cela qu'il faut agir. (M. Thiers.)

Répondez: C'est d'après cela qu'il agit de lui-même quand on ne l'en empêche pas.

—Si l'on vous dit: Puisque nous n'avons pas de tôles, il faut en permettre l'introduction. (M. Thiers.)

Répondez: Grand merci.

—Si l'on vous dit: Il faut du fret à la marine marchande. Le défaut de chargement au retour fait que notre marine ne peut lutter contre la marine étrangère. (M. Thiers.)

Répondez: Quand on veut tout faire chez soi, on ne peut avoir de fret ni à l'aller ni au retour. Il est aussi absurde de vouloir une marine avec le régime prohibitif, qu'il le serait de vouloir des charrettes là où l'on aurait défendu tous transports.

—Si l'on vous dit: À supposer que la protection soit injuste, tout s'est arrangé là-dessus; il y a des capitaux engagés, des droits acquis; on ne peut sortir de là sans souffrance.

Répondez: Toute injustice profite à quelqu'un (excepté, peut-être, la restriction qui à la longue ne profite à personne); arguer du dérangement que la cessation de l'injustice occasionne à celui qui en profite, c'est dire qu'une injustice, par cela seul qu'elle a existé un moment, doit être éternelle.

XVI.—LA MAIN DROITE ET LA MAIN GAUCHE[60].
(RAPPORT AU ROI.)