«La Révolution sera toujours à recommencer tant qu'on s'attaquera seulement aux conséquences, sans avoir la logique et le courage d'abolir le principe lui-même.

«Ce principe c'est le capital, la fausse propriété, le revenu, la rente, l'usure que l'ancien régime fait peser sur le travail.

«Le jour,—il y a bien longtemps,—où les aristocrates ont inventé cette incroyable fiction: Que le capital avait la vertu de se reproduire tout seul,—les travailleurs ont été à la merci des oisifs.

«Est-ce qu'au bout d'un an vous trouverez un écu de cent sous de plus dans un sac de cent francs?

«Est-ce qu'au bout de quatorze ans vos écus ont doublé dans le sac?

«Est-ce qu'une œuvre d'art ou d'industrie en produit une autre au bout de quatorze ans?

«Commençons donc par l'anéantissement de cette fiction funeste.»

Ici je ne discute ni ne réfute; je cite, pour établir que la productivité du capital est considérée, par un grand nombre de personnes, comme un principe faux, funeste et inique. Mais qu'ai-je besoin de citations? N'est-ce pas un fait bien connu que le peuple attribue ses souffrances à ce qu'il appelle l'exploitation de l'homme par l'homme? et cette locution:—Tyrannie du capital,—n'est-elle pas devenue proverbiale?

Il ne peut pas exister un homme au monde, ce me semble, qui ne comprenne toute la gravité de cette question:

«L'intérêt du capital est-il naturel, juste, légitime et aussi utile à celui qui le paye, qu'à celui qui le perçoit?»