De même, je reconnais que le loyer des capitaux va baissant en raison de leur abondance. Je le reconnais et m'en réjouis, car ils pénètrent ainsi de plus en plus dans toutes les classes, et les soulagent, pour chaque satisfaction donnée, du poids du travail. Mais, de cette baisse constante de l'intérêt, je ne puis conclure à son anéantissement absolu, parce que jamais les capitaux ne naîtront spontanément, qu'ils seront toujours un service plus ou moins grand, et que dès lors ils portent en eux-mêmes, ainsi que les transports, le principe de la rémunérabilité.
Ainsi, Monsieur, je ne vois aucun motif de déplacer ce débat au moment de le clore; et il me semble qu'il n'est pas un de nos lecteurs qui ne considérât ma tâche comme remplie, si je prouvais ces propositions:
Tout capital (quelle que soit sa forme, moissons, outils, machines, maisons, etc.), tout capital résulte d'un travail antérieur, et féconde un travail ultérieur.
Parce qu'il résulte d'un travail antérieur, celui qui le cède reçoit une rémunération.
Parce qu'il féconde un travail ultérieur, celui qui l'emprunte doit une rémunération.
Et vous le dites vous-même: «Si la peine du créancier est zéro, l'intérêt doit devenir zéro.»
Donc, qu'avons-nous à rechercher? Ceci:
Est-il possible qu'un capital se forme sans peine?
Si c'est possible, j'ai tort; le crédit doit être gratuit.
Si c'est impossible, c'est vous qui avez tort, le capital doit être rémunéré. Vous avez beau faire; la question se réduit à ces termes: Le temps est-il arrivé, arrivera-t-il jamais où les capitaux écloront spontanément sans la participation d'aucun effort humain?