Nous partageons entièrement cet avis.
Ce que nous redoutons, ce n'est pas d'être attaqués, c'est que les puissances absolues, avec ou sans préméditation, et par le seul maintien du statu quo militaire, ne nous réduisent à chercher dans la propagande armée le salut de la révolution.
Nous n'hésitons pas à nous répéter afin d'être compris ici et ailleurs. Ce que nous disons avec une entière conviction, c'est ceci: nous ne pouvons pas prendre l'initiative du désarmement, et néanmoins le simple statu quo militaire nous met dans l'alternative de périr ou de nous battre; c'est aux rois de l'Europe à calculer la portée de cette alternative fatale. Ils n'ont qu'un moyen de se sauver, c'est de désarmer les premiers et immédiatement.
Qu'on nous permette une fiction.
Supposez une petite île qui a été, pendant longues années, plutôt exploitée que gouvernée; les impôts, les entraves, les abus y sont innombrables; le peuple succombe sous le faix, et, en outre, pour se prémunir contre les menaces continuelles du dehors, il arrache au travail, tient sur pied, arme et nourrit une grande partie de sa population valide.
Tout à coup il détruit son gouvernement oppresseur; il aspire à se délivrer du poids des taxes et des abus.
Mais le gouvernement tombé lui laisse le fardeau d'une dette énorme.
Mais, au premier moment, toutes les dépenses s'accroissent.
Mais, dans les premiers temps, toutes les sources de revenus diminuent.
Mais il y a des taxes si odieuses qu'il est moralement et matériellement impossible de les maintenir, même provisoirement.