La conclusion que nos voisins paraissent vouloir tirer de ce phénomène est celle-ci: Que le peuple, après avoir payé à l'administration ce qui est nécessaire pour garantir sa sécurité, garde le reste pour lui.

C'est une pensée bien simple, mais elle fera le tour du monde.

56.—LA LIBERTÉ[71].

J'ai beaucoup vécu, beaucoup vu, observé, comparé, étudié, et je suis arrivé à cette conclusion:

Nos pères avaient raison de vouloir être LIBRES, et nous devons le vouloir aussi.

Ce n'est pas que la liberté n'ait des inconvénients; tout en a. Arguer contre elle de ces inconvénients, c'est dire à un homme qui est dans le bourbier: N'en sortez pas, car vous ne le pouvez sans quelque effort.

Ainsi il serait à souhaiter qu'il n'y eût qu'une foi dans le monde, pourvu que ce fût la vraie. Mais où est l'autorité infaillible qui nous l'imposera? En attendant qu'elle se montre, maintenons la liberté d'examen et de conscience.

Il serait heureux que le meilleur mode d'enseignement fût universellement adopté. Mais qui le possède, et où est son titre? Réclamons donc la liberté d'enseignement.

On peut s'affliger de voir des écrivains se complaire à remuer toutes les mauvaises passions. Mais entraver la presse, c'est entraver la vérité aussi bien que le mensonge. Ne laissons donc jamais périr la liberté de la presse.

C'est une chose fâcheuse que l'homme soit réduit à gagner son pain à la sueur de son front. Il vaudrait mieux que l'État nourrît tout le monde; mais c'est impossible. Ayons du moins la liberté du travail.