Il en résulte qu'il y a toujours devant le public une question principale, sur laquelle se concentrent tous les efforts de la Presse, des associations, et des électeurs.

Êtes-vous pour ou contre la réforme électorale?

Êtes-vous pour ou contre l'émancipation catholique?

Êtes-vous pour ou contre l'affranchissement des esclaves?

En ce moment, la question est uniquement celle-ci:

Êtes-vous pour ou contre la liberté des échanges?

Quand elle sera vidée, on posera sans doute cette autre:

Êtes-vous pour ou contre le système volontaire en matière de religion?

Tant que dure l'agitation relative à une de ces questions, tout le monde y prend part, tout le monde cherche à s'éclairer, tout le monde s'engage dans un parti ou dans l'autre. Sans doute, les autres grandes réformes politiques, quoique mises dans l'ombre, ne sont pas entièrement négligées. Mais c'est un débat qui s'engage dans le sein de chaque parti, et non d'un parti à l'autre.

Ainsi aujourd'hui, quand les free-traders ont à opposer un candidat aux monopoleurs, ils ont des assemblées préparatoires, et là celui-là est proclamé candidat qui, indépendamment de la conformité de ses principes avec ceux des free-traders, en matière commerciale, convient mieux en outre à la majorité à raison de ses opinions sur l'Irlande, ou le Bill de Maynooth, etc., etc.—Mais au jour de la grande lutte on ne demande aux candidats que ceci: