Un autre compte rendu a paru dans le Journal des Économistes. Je ne puis comprendre comment M. Clément a jugé à propos de critiquer mon chapitre futur sur la Population. Ce qui a paru offre bien assez de prise, sans aller s'en prendre d'avance à ce qui n'a pas paru. J'ai annoncé, il est vrai, que j'essayerai de démontrer cette thèse: La densité de la population équivaut à une facilité croissante de production.—Il faudra bien que M. Clément en convienne, ou qu'il nie la vertu de l'échange et de la division du travail.
La critique qu'il fait du chapitre Propriété foncière me fait penser qu'il serait peut-être utile de réimprimer en brochure les quatre ou cinq articles qui ont paru dans les Débats sous le titre de Propriété et Spoliation[119]. Ce sera d'ailleurs un anneau de notre propagande, nécessaire à ceux qui n'ont pas la patience de lire les Harmonies.
Ne m'oubliez pas auprès de MM. Quijano et de Fontenay.
... Voici la première partie de l'article Loi[120]. Je n'ai rien ajouté. Je suppose l'autre partie en route.—C'est bien sérieux pour un pamphlet. Mais l'expérience m'a appris que ce sur quoi l'on compte le moins réussit quelquefois le mieux, et que l'esprit est nuisible à l'idée.
Je voulais vous envoyer Ce qu'on voit; mais je ne le trouve pas réussi. Là j'aurais dû reprendre la plaisanterie, au lieu de tourner au sérieux, et qui pis est au genre géométrique[121].
C'est avec plaisir que je recevrai l'ouvrage de Michel Chevalier. S'il me fait l'honneur de m'emprunter quelques points de vue, en revanche il me donne beaucoup de faits et d'exemples: c'est du libre Échange. Notre propagande a bon besoin de sa plume.
Eaux-Bonnes, 2 juillet 1850.
... Votre observation sur la Loi est juste. Je n'ai pas prouvé comment l'égoïsme qui pervertit la loi est inintelligent. Mais maintenant il n'est plus temps. Cette preuve, d'ailleurs, résulte de l'ensemble des brochures précédentes et résultera mieux encore des suivantes. On verra que la main sévère de la justice providentielle s'appesantit tôt ou tard cruellement sur ces égoïsmes. Je crains bien que la classe moyenne de notre époque n'en fasse l'expérience. C'est une leçon qui n'a pas manqué aux rois, aux prêtres, aux aristocraties, aux Romains, aux Conventionnels, à Napoléon.
J'écrirais à M. de Fontenay pour le remercier de sa bonne lettre, s'il ne m'annonçait son départ pour la campagne.—Il y a de l'étoffe chez ce collègue. D'ailleurs, les jeunes gens de notre temps ont une souplesse de style au moyen de laquelle ils nous dépasseront. Ainsi va et doit aller le monde. Je m'en félicite. À quoi servirait qu'un auteur fît une découverte, si d'autres ne venaient la féconder, la rectifier au besoin, et surtout la propager?