Et je répondis: "Ils se sont moqués de moi lorsque j'ai découvert et suivi ma propre vie; et en vérité mes pieds tremblaient alors."

Et ils m'ont dit ceci: tu ne sais plus le chemin, et maintenant tu ne sais même plus marcher!"

Alors l'Autre reprit sans voix: "Qu'importent leurs moqueries! Tu es quelqu'un qui désappris d'obéir: maintenant tu dois commander.

Ne sais-tu pas quel est celui dont tous ont le plus besoin. Celui qui ordonne de grandes choses.

Accomplir de grandes choses est difficile: plus difficile encore d'ordonner de grandes choses.

Et voici ta faute la plus impardonnable: tu as la puissance et tu ne veux pas régner."

Et je répondis: "il me manque la voix du lion pour commander."

Alors l'Autre me dit encore comme en un murmure: "Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde.

O Zarathoustra, tu dois aller comme le fantôme de ce qui viendra un jour; ainsi tu commanderas et, en commandant, tu iras de l'avant." -

Et je répondis: "J'ai honte."